Fabien, bordelais de 25 ans fraîchement diplômé et titulaire d'un working holiday visa vous transporte au travers de nombreux récits et photos, à l'autre bout du monde dans cet extraordinaire pays qu'est l'Australie. Vous y découvrirez des paysages tous plus beaux les uns que les autres, des animaux exotiques et les aventures d'un français en quête d'une année mémorable au pays des kangourous et des koalas. En espérant que ce blog vous donnera envie de venir faire un tour en Australie
Résumé de l’épisode précédent : notre aventurier sans peur et sans relâche, arrive dans le nord du pays et cherche désespérément un travail. Après avoir trouvé une ferme où faire du woofing et avoir profité de la vie en plein air et des parties de pêche le long d’une rivière infestée de crocodiles, un coup de téléphone le sorti de son petit confort.
« ça te dit d’aller travailler quelques jours dans une ferme, Fabien ? »
« Mon sac est prêt, je pars quand ?? »
Rendez-vous est pris à la ferme avec le boss Rob. Il s’agit d’une ferme de tomates, poivrons et mais. Et pour le côté aventure et expérience inédite, il faut préciser qu’il s’agit de la ferme d’une communauté aborigène. La seule du pays… Alors non je n’ai pas bronzé au point qu’on me confonde avec un aborigène. Malgré la très forte communauté aborigène sur Katherine, la ferme a du mal à les faire venir. L’objectif étant de les former et de leur donner le gout du travail pour qu’ils puissent ensuite être embauchés dans les fermes des environs ou même dans les « Cattle Station », ces immenses fermes d’élevage.
Comme bon nombre d’autres peuples colonisés, les aborigènes ont subi et subissent toujours les ravages de l’alcool. Le nord du pays connait de nombreuses restrictions en matière d’alcool. Les pubs ne peuvent vendre de l’alcool qu’à partir de 14h. Il y a souvent la queue devant une voire deux heures avant l’ouverture. Les horaires d’ouverture des magasins d’alcool sont très réglementés, tout comme la quantité et le degré de l’alcool que l’on achète. Certaines lois sont d’ailleurs stupides. On ne peut acheter que ce que l’on est capable de boire…
Pour inciter les aborigènes à venir travailler, la ferme leur propose des conditions de travail très favorables. Début de la journée officiellement 8h, en vrai 8h30. Première pause payée de 30 minutes à 10h avec café et thé offert. Pause déjeuner de 12h à 13h, non payée mais le repas est offert. Barbecue, pie, hot dog, sandwich, etc . Seconde pause de 30 minutes payée à 15h puis fin de la journée à 16h30. Des canettes de coca ou fanta sont à disposition quotidiennement. Au niveau du travail, ils n’ont rien à envier à la DDE. Un qui bosse, cinq qui regardent.
Malgré toutes ces incentives, leur présence quotidienne n’est pas garantie. C’est à leur bon vouloir. La paie tombant le jeudi soir, le vendredi est relativement calme et dès 12h, on peut se compter sur les doigts d’une main. Dès que la paie tombe, ils vont acheter de l’alcool ou boire au pub.
Pour leur défense, le travail n’appartient pas à leur culture. C’est une notion abstraite pour eux, que les anglais leur ont imposé en arrivant en Australie. Pourquoi travailler ? Il y a encore deux cent ans, ils allaient chasser quand ils avaient faim et profitaient de la vie le reste du temps. L’immersion dans la culture occidentale fût brutale et les générations actuelles en payent encore le prix. La situation ne s’arrangera pas avant de nombreuses générations.
On ne peut pas les blâmer quand on voit toutes ces personnes alcoolisées trainer dans les rues, mais juste s’en désoler. Sans cette expérience, je serais sans aucun doute reparti d’Australie avec une autre image des propriétaires traditionnelles de ce pays (Ils sont généralement nommés sous ce titre). Il est très facile de discuter avec eux, bien qu’ils mâchent tous les mots et qu’il faille les faire répéter régulièrement. Ce sont de bons mates avec toujours le sourire aux lèvres.
Pour en revenir au travail, après quelques jours de boulot, le boss est venu me demander jusqu’à quand je voulais rester. « Euhh, fin septembre ? ».
Loger gratuitement dans une petite maison à l’intérieur de la communauté avec trois autres backpackers, il est bon de retrouver un peu de confort : un frigo avec congélateur, un four, plusieurs plaques de cuisson, un canapé, une tv et surtout, un véritable lit !!! Ça parait futile mais ce n’est que du bonheur après 8 mois à dormir dans sa voiture.
Après plusieurs semaines de travail, je suis devenu un véritable garçon de ferme. Je conduis les tracteurs de mon enfance (un John Deere bien entendu !) et les beaucoup plus récents avec plein d’électronique, pulvérise des engrais, conduis des chariots élévateurs, peux poser des clôtures, m’occuper de l’irrigation des parcelles et faire quelques menus travaux sur le système d’irrigation, et bien sûr cueillir et empaqueter tomates, poivrons et mais. J’ai même le droit de conduire le pick up du boss, un tout nouveau Toyota. On voit la route différemment au volant du bestiau.
Les semaines se sont enchainées et les heures de boulot ont défilé. Après des semaines de 60h en moyenne pendant près de trois mois, de malheureux événements et de belles rencontres m’ont fait prendre du recul et profiter davantage de ce que Katherine et le Territoire du Nord a à offrir. Beaucoup plus de sorties avec des australien(ne)s et stop le travail les week-ends.
Direction Darwin le temps d’un week-end avec Rob, mon boss, fin septembre. Soirée avec sa famille et visite du Mindil Market qui a lieu tous les jeudis et dimanches soir. J’en ai également profité pour me rendre dans un parc de crocodile en plein centre-ville. J’ai pu voir Burt le croco de Crocodile Dundee. Ces monstres impressionnent par leur taille et la puissance qu’ils dégagent, notamment quand il s’agit de surgir de l’eau pour se saisir d’une proie. Je n’y mettrais pas un orteil. Retour le dimanche soir sur Katherine (300km au sud de Darwin) avec un grand sourire et une piste de sponsor à étudier pour l’année prochaine (Il faut se faire sponsoriser par une entreprise pour obtenir un visa de travail de plusieurs années en Australie).
Retour sur Darwin deux semaines plus tard avec Rob qui devait prendre un vol pour Adelaide. De mon côté, partie de pêche prévue avec son neveu qui possède un bateau. On s’en va taquiner le Barramundi, célèbre poisson du nord australien. Le prix au kilo est équivalent à celui du saumon ici. La chaire est délicieuse mais ça ne vaut pas un bon saumon tout de même. On peut se permettre de saliver un peu quand on est backpacker en australie, autrement on est fichu. Résultat de la partie de pêche 6 barramundis, dont 3 de tailles correctes entre 55 et 65cm. On en garde deux et les autres sont remis à l’eau. Il faut penser aux prochaines parties de pêche.
Enfin, vendredi 12 octobre, fin du travail à la ferme. Le picking est terminé, donc plus besoin de mes services. Voyage de 5 jours (article à venir et promis avant 3 mois) à Kakadu et Litchfield NP les deux grands parcs nationaux du Territoire du Nord qui attire chaque année des centaines de milliers de touristes. Puis retour pour une semaine sur Katherine pour profiter de derniers moments avec quelqu’un de spécial ici.
Entre toutes ces activités, j’ai oublié de vous dire que Bacchus s’en est allé avec de nouveaux propriétaires. Vente le 1er octobre. Eh même si un petit pincement au cœur était présent en voyant partir la voiture, je ne suis pas mécontent de m’en être débarrassé. Il m’en a fait baver pendant les dernières semaines, mais tout est bien qui finit bien. Ayant des scrupules à vendre un véhicule en mauvais état, j’avais décidé de réparer le problème de surchauffage de la voiture. Les symptômes n’apparaissant pas avant deux heures de conduite, j’aurais pu vendre la voiture sans souci et personne n’y aurait rien vu avant un moment. Bref, Rob s’y connaissant quelque peu en voiture, il m’a aidé à déceler le problème : des résidus empêchent le liquide de refroidissement de bien circuler. Le nettoyage couterait plus cher qu’un nouveau radiateur donc direction Darwin pour en trouver un nouveau. On installe le nouveau et lors du démarrage de la voiture, de l’eau coule depuis le moteur…
« Il pourrait s’agir de la pompe à eau. Faut démonter tout l’avant du moteur pour savoir »
Allez, c’est parti. Et en atteignant la courroie de distribution, encore une mauvaise nouvelle, elle est craquelée et donc sur le point de lâcher. Allez on la change ! Arrive enfin la pompe à eau. Des signes de corrosion puis apparition d’un trou. « Ok, t’es sur Rob ?? C’est bien de là que vient le problème ?? » « Normalement… ». Commande des pièces nécessaires puis vient le nettoyage du moteur et le remontage. Démarrage de la voiture, pas de fuite, pas de bruit bizarre…je peux respirer ! Bon raconté comme ça, on ne sent ni le stress occasionné, ni les problèmes rencontrés lors du démontage et remontage, ni les délais. Trois semaines de suspense et d’interrogation sur la suite du trajet. Puis vient enfin la mise en vente et l’accord de vente une semaine plus tard avec deux français sur Katherine. Ils comptaient rallier Brisbane depuis Katherine en 4 jours (4000km) et donc conduire du lever du soleil au coucher de soleil. Il ne faut pas s’étonner de serrer des moteurs après. Enfin c’est leur souci désormais !
Certains l’auront sans doute remarqué, je suis parti il y a désormais plus d’un an. Alors non je ne suis pas en situation illégale, j’ai obtenu un second visa d’un an grâce à mes nombreuses semaines de travail dans le picking. Pas de retour en France entre les deux.
Merci à mes parents pour un petit colis plein de bonnes victuailles. Qui a dit que le sud-ouest et le canard me manquaient???
Il est maintenant temps de quitter Katherine à contrecœur (le départ initial était prévu le 1er octobre…). Le voyage doit se poursuivre, l’Australie n’a pas fini de m’en mettre plein les yeux. Le plan est de récupérer une voiture de relocation à Darwin pour l’emmener jusqu’à Alice Springs, le centre rouge du pays. Ensuite on avisera pour rejoindre Cairns au Nord-Est de l’Australie. Les lifts allant dans ce sens ne sont pas très nombreux en ce moment. Descente de la côte Est ensuite pour mettre un terme à la boucle, nouvel an sur Sydney en compagnie de bordelais puis direction Melbourne dans la foulée où j’accueillerai une amie de Katherine puis mon frère et sa copine.
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