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Fabien, bordelais de 25 ans fraîchement diplômé et titulaire d'un working holiday visa vous transporte au travers de nombreux récits et photos, à l'autre bout du monde dans cet extraordinaire pays qu'est l'Australie. Vous y découvrirez des paysages tous plus beaux les uns que les autres, des animaux exotiques et les aventures d'un français en quête d'une année mémorable au pays des kangourous et des koalas. En espérant que ce blog vous donnera envie de venir faire un tour en Australie

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Broome - Katherine

 

Après deux mois et demi sans nouvelles, je viens couper court à toutes les rumeurs. Non les aborigènes n’ont pas eu ma peau. Non le soleil n’a pas non plus eu ma peau (enfin pas encore). Non je n’ai pas décidé de disparaitre dans la nature. Non le tueur de Wolf Creek ne m’a pas choppé. Et non je n’ai pas épousé une australienne.

 

Pour la vérité, il faudra lire le reste de l’article (oui oui je sais, c’est chiant et long à lire). Résumé des deux derniers mois : court arrêt à Broome pour profiter entre autres des joies d’internet. On a beau être en Australie et aimer se retrouver dans des endroits déserts, on est toujours content d’avoir des nouvelles de France lorsqu’on arrive dans une « grande » ville.

 

Broome (10)

 

Broome (19)

 

Broome est réputé pour sa plage, Cable Beach, qui est la dernière grande plage ouverte à la baignade. Après il faudra faire trempette avec les crocos de mer (ou salties, j’y reviendrai plus tard). La ville permet également à ceux qui ont un 4x4 de se préparer pour la Gibbs River Road, un chemin de terre, eau, cailloux de 1000km traversant la somptueuse région du Kimberley, l’une des plus belles et plus sauvages d’Australie. Malheureusement pour moi, Bacchus ne s’est pas mué en 4x4, j’ai donc emprunté la route goudronné pour rejoindre Kununurra. Il va falloir gagner beaucoup d’argent pour revenir sur mes pas et faire cette route mythique du Kimberley. Autant dire que ce n’est pas pour tout de suite. 

 

 On the road again (5)

 

Sur le chemin, passage par les Geike Gorge où le niveau d’eau augmente sensiblement pendant la saison des pluies. 

 

Geike Gorge (8)

 

Là on se trouve dans le lit de la rivière. Le niveau atteint régulièrement la partie haute des falaises. Autant dire qu’il ne fait pas très bon d’y trainer. 

 

Geike Gorge (10)

 

Kununurra est l’une des principales zones agricoles du nord, mais en septembre lorsque les mangues sont prêtes. La récolte commence doucement avec les citrouilles, les pastèques et quelques légumes en mai. Le grand problème est que je ne suis pour le moment pas en Australie pour la pluie et le froid et que je suis le soleil.  Bien entendu, il a fallu que tous les backpackers fassent comme moi (ah les salauds !!) Du coup tout le monde se retrouve dans le nord du pays entre mai et septembre alors qu’il n’y a que relativement peu de travail dans le domaine agricole (en particulier dans le territoire du Nord où les zones agricoles sont minces).

 

Premier jour à Kununurra, direction l’agence pour l’emploi pour voir s’ils ont besoin de monde. La récolte des pastèques et citrouilles commence dans deux-trois semaines, ils ont une liste de 150 personnes mais ceux qui ont de l’expérience sont en haut de la liste. On me conseille donc de rester en ville, m’assurant que j’aurais du travail dans les 10 jours-2 semaines. Janina, de son côté, décide de poursuivre la route jusqu’à Darwin. Yeahhh !! Enfin libérééééé. C’est avec grand regret que nos routes se séparent donc. No comment sur le lift. La route aurait été moins longue et le prix de l’essence moins élevé, on se serait quitté beaucoup plus tôt.

 

Après une semaine passée sur Kununurra en compagnie de Mich et Sandy, deux allemands, à chercher modérément du travail et à entendre qu’il n’y a vraiment rien ici,  et qu’on annonce la saison dans 2-3 semaines depuis un mois, je me rends de nouveau à l’agence pour l’emploi. « Le peu de fermes qui pickent (du verbe picker) ont leur équipe, donc à moins que certains s’en aillent, il n’y a pas de travail ici ». Au moins, c’est clair ! Que faire ? Le compte en banque a atteint le seuil de « j’ai besoin d’un travail très très rapidement » et les opportunités se trouvent maintenant sur la côte est, soit plus de 3000km plus loin. Sachant que je ne tiens pas à zapper le Territoire du Nord et par la même occasion Alice Springs (le centre de l’Australie et son gros rocher rouge), il faut que je trouve un moyen de gagner de l’argent très rapidement ou surtout de ne pas en dépenser. 

 

Quelques coups de fil plus tard, je suis attendu à Katherine (600km plus loin dans le Territoire du Nord) avec une ferme où faire du woofing (travailler 4h/jour en échange du logement et de la nourriture). Le temps de dire au revoir à mes amis allemands que je retrouverai plus tard sur la route et de laisser chauffer Bacchus et je suis reparti pour avaler des kilomètre. Et me faire doubler par des road-train. A côté de ça les camions portugais et espagnols qu’on a dans le sud font petits.

 

Katherine se situe 300km en dessous de Darwin, la capitale du Territoire du Nord. La ville est principalement renommée pour ses gorges somptueuses dans lesquelles de nombreux salties sont capturés pour être relâchés en mer, là où ils devraient être. Le nord de l’Australie est réputé pour ses crocodiles qui empêchent toute baignade en mer. On trouve deux types de croco : les Freshies que l’on trouve en eau douce. Ce sont les « gentils ». Ils ne vous attaqueront pas à moins de se sentir menacé. Se baigner à côté ou rester au bord de l’eau n’est pas un souci. Par contre, pour les Salties, c’est une autre histoire. Ils résident généralement en mer ou en estuaires mais empruntent les cours d’eau douce lors de la saison des pluies. Des pièges sont donc installés le long des rives. Il est interdit de se baigner lorsque la présence d’un croco est suspectée dans le coin. Pour ceux qui se souviennent de Crocodile Dundee, ce sont des salties que l’on voit dans le film. En parlant de se légendaire film australien, il a été tourné dans le Territoire du Nord. Il faut absolument que je trouve le pub de Walkabout Creek ! Enfin s’il existe…

 

Pour en revenir à Katherine, pas de photos des gorges pour le moment, je les ferai en canoë dès que mon compte en banque m’y autorisera. Le nord est également fameux pour ses nombreuses sources d’eau chaude. Ça tombe bien, il y en a une sur Katherine et surtout, c’est gratuit !! Endroit parfait pour venir se détendre après une dure journée de travail.

 

Hot Springs (2)

 

Hot Springs (3)

 

Arrivée à la ferme 60km au nord de Katherine et après une dirt road de 13km. Je n’arrive pas seul puisque deux backpackers britanniques, Marie et Stephen, commence le même jour à Wilderness Farm.

 

Wilderness Farm (54)

 

L’endroit fait peur au premier abord. Ils ont subi une inondation 5 mois plus tôt et les habitations ont été un peu endommagées. Du coup, je préfère continuer à dormir dans Bacchus où j’ai mon petit confort (on s’y fait finalement). Va falloir investir dans un station wagon au retour en France.

 

Le plein air est l’idée principale de cette ferme : la cuisine n’a pas de mur et les toilettes donnent vu sur le bush et les kangourous.

 

Wilderness Farm (46)

 

Pas de véritable table de repas.

 

Nous prenons notre assiette et nous asseyons autour du feu. Première chose à faire le matin avant même de se faire un café, allumer le feu. Pas de TV  non plus (après 9 mois sans, ce n’est pas bien grave vous me direz, sauf que c’était en période d’Euro 2012) et connexion à la boite mail tous les 3-4 jours. La propriétaire étant sympa, elle m’a laissé regarder un match en streaming à 4h du matin. Autant il fait particulièrement chaud en journée (32°, un soleil de plomb et pas un nuage à l’horizon), autant le matin on se caille sévère. Tout ça pour voir ce résultat au final.

 

La ferme cultive en général les citrouilles et les mangues, mais suite aux inondations, il n’y aura que des mangues cette année. Nous nous sommes donc attelés avec mes deux compatriotes européens à l’élagage des arbres et le pruning (couper les nouvelles pousses qui prennent de l’énergie à l’arbre).  Désolé pour les mots en anglais, mais j’en perds mon français parfois.

 

Le reste de la journée, nous profitons du hamac (une invention merveilleuse), partons faire nos courses sur les bords de la rivière  où un train a perdu de la marchandise en décembre (Bières, bouteilles de coca, déodorants, produit vaisselle et nouilles chinoises sont un éventail des produits trouvables le long de la rivière.), ou allons pêcher.

 

Colin, un woofer d’une cinquantaine d’année qui vit à la ferme 6 mois par an, nous a montré la meilleure manière de pêcher dans le coin. Un morceau de poulet au bout de la canne et hop on marche le long du cours d’eau (jamais bien profond) ou dans le cours d’eau pour traverser parfois. On n’attend pas que le poisson vienne à nous, on va à lui.

 

Il est bien sympa le Colin mais c’est un véritable bushman le gars et en plus il reste trente seconde par emplacement donc en gros on ne lance pas beaucoup la ligne à l’eau, on essaye juste de ne pas le perdre. Il marche pieds nus à toute allure.  On pourrait toujours suivre le cours d’eau pour rentrer à la maison, sauf qu’il n’y en a pas qu’un et que la rivière n’arrête pas de se diviser et se retrouver un peu partout. La saison des pluies modifie chaque année le tracé de la rivière.

 

Nous ne sommes pas les seuls à activer nos instincts de chasseur. Les deux chiens de la maison sont un cauchemar pour les wallabies du coin. Si un a le malheur de s’approcher trop près de la maison, le couperet tombe.

 

Wilderness Farm (5)

 

Il n’y a pas de raisons qu’il n’y ait que les chiens qui en profitent. On est en Australie pour tester après tout. Un couteau et un dépeçage plus loin, la viande cuit sur le feu.

 

Wilderness Farm (6)

 

Résultat : après une course poursuite et quelques passages dans les grillages, comme on pouvait s’y attendre, la viande n’est pas vraiment tendre.

 

 Les parties de pêches sont pour nous l’occasion de voir un peu la faune du Territoire du Nord de plus près. De très très près d’ailleurs. Alors que nous entendons régulièrement des animaux se jeter subitement dans l’eau en nous entendant arriver. L’un d’eux n’avait pas les forces pour le faire.

 

Wilderness Farm (56)

 

Non nous ne l’avons pas attrapé comme ça. Encore vivant lors de notre premier passage, il avait ingéré une Cane Toad (grenouille venimeuse) selon Lee (le neveu de la propriétaire de Wilderness Farm) et était donc lentement entrain de mourir. On est donc revenu le lendemain pour constater le décès de la bête et prendre quelques photos par la même.

 

Wilderness Farm (49) 

 

Lee l’a accroché à un arbre pour que les fourmis le vident de sa viande et qu’il puisse récupérer le squelette et les écailles.

 

Côté Faune, j’aurais été servi à Wilderness Farm. En me réveillant en pleine nuit, j’ai eu l’occasion d’observer deux dingos à 2 mètres de la voiture. J’allais sortir pour les caresser quand ils ont pris peur. Bon ok ils ont pris peur en m’entendant bouger. Bon ok j’ai pris peur en les entendant bouger.

 

Enfin après deux semaines et demi à Wilderness Farm, dring dring « Allo Caroline (la propriétaire), t’aurais pas un backpacker sous la main ? J’ai du travail pour quelques jours à la ferme ».

 

A suivre…

 

Plus de photos ici

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